samedi 19 janvier 2008

Enquête d'UFC-Que choisir : les consommateurs contre les labos

Enquête d'UFC-Que choisir : les consommateurs contre les labos
16/01/2008
L’UFC-Que choisir dénonce la pression exercée par les visiteurs médicaux sur les médecins, laquelle se traduit par une "dérive des prescriptions", rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 4). L’association de consommateurs a rendu publique hier une enquête sur la prescription des antiagrégants plaquettaires par les cardiologues pour la prévention ou les suites d’accidents cardio-vasculaires, indique Le Monde (page 27). Conclusion : "De 2002 à 2006, leurs prescriptions ont augmenté de 88%, sans raison. Ce dérapage est le fait d’un médicament, le Plavix®. Prescrit dans 80% des cas, il aurait pu être remplacé une fois sur deux par de l’aspirine, vingt-sept fois moins cher", estime Christophe Le Guehennec, chargé de mission santé à l’UFC-Que choisir dans Le Parisien/ Aujourd’hui.
En 2002, les prescriptions abusives de ce médicament ont représenté 89 millions d’euros ! Mieux encore, si sur la période 2002-2004, l’aspirine avait été substituée au Plavix®, quand cela était possible, "177 millions d’euros auraient pu être économisés", selon l’association de consommateurs.
Le surcroît de dépenses engendré par le Plavix® "vient s’ajouter aux 600 millions d’euros de gâchis constatés sur les prescriptions de ville de 2002 à 2006 (132 millions par an) dans le traitement des maladies telles que le reflux gastro-oesophagiens, l’arthrose et l’hypertension" (Le Monde). S’appuyant sur les récents rapports de la Cour des comptes et de l’Igas, l’UFC considère que "la prescription est trop largement influencée par l’industrie pharmaceutique". "Les labos consacrent 14% de leur chiffre d’affaires à la promotion de leurs médicaments, avec notamment 23 000 visiteurs médicaux, soit un pour neuf médecins", dénonce le président de l’association, Alain Bazot, dans Le Parisien/Aujourd’hui. C’est deux fois plus qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne, et quatre fois plus qu’aux Pays-Bas, souligne Libération (page 17). Pour "désamorcer le feu des labos", cette association propose de réduire à 4% la part de leur chiffre d’affaires consacrée à la promotion des médicaments, qui représente actuellement environ 2 milliards d’euros par an, précise L’Humanité (page 8). Enfin, l’UFC préconise la création d’un corps de 1.700 visiteurs médicaux indépendants, placés sous l’égide de la Haute Autorité de santé (HAS). Leur mission : "Donner une information plus objective aux médecins, afin que ces derniers aient la possibilité de prescrire de façon rationnelle."
Les Entreprises du médicament (Leem) estiment que l’étude de l’UFC-Que Choisir a "un petit air de réchauffé". Son président, Christian Lajoux, se déclare néanmoins prêt à étudier la proposition de visiteurs médicaux indépendants.
CMUC : hausse des dépensesLes dépenses au titre de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) ont augmenté de 8,5% en rythme annuel, à la fin novembre, pour atteindre 1,48 milliard d’euros sur douze mois, annoncent Les Echos (page 4). Cette "forte accélération" est surtout liée à l’accord conclu en 2006 entre les dentistes et l’assurance maladie sur la revalorisation de leurs honoraires pour les soins conservateurs (caries) et sur la hausse des forfaits sur les prothèses pour les bénéficiaires de la CMU. "Le choix d’une politique de revalorisation importante des tarifs des soins et des actes dentaires pour [ces] bénéficiaires avait pour objectif de réduire la problématique du refus de soins en lien avec des tarifs jugés trop faibles", rappelle Jean-François Chadelat, directeur du fonds CMU. Il estime que "la croissance des volumes peut laisser espérer que cet objectif progresse dans la bonne direction". Comme le notent Les Echos, les dépenses représentent désormais "373 euros par an et par bénéficiaire".
John Sutton

vendredi 18 janvier 2008

reforme du contrat de travail : ce qui va changer.

Réforme du contrat de travail : ce qui va changer
mardi 15 janvier 2008
Le projet d'accord sur la modernisation du marché du travail bouclé vendredi 11 janvier par les partenaires sociaux a été signé par trois syndicats. En voici les principaux points. Le texte prévoit l'instauration d'un nouveau contrat de travail, un CDD à objet défini, l'allongement de la période d'essai du CDI ainsi qu'un nouveau mode de rupture « à l'amiable ».

- Le CDD à terme incertain et pour réalisation d'un objet défini aura une durée comprise entre 18 et 36 mois. Il sera réservé aux ingénieurs et aux cadres pour des projets compris dans la même période et ne pourra pas être renouvelé.
Sa rupture pourrait entraîner le versement d'une indemnité de 10% de la rémunération perçue pendant le contrat.

- La période d'essai sera fixée au niveau interprofessionnel. Elle durera de 1 à 2 mois pour les ouvriers et employés, de 2 à 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens, et de 3 à 4 mois pour les cadres. Sauf accord de branche prévoyant une durée supérieure. La durée fixée pourra être reconduite une fois par des accords de branche, avec des plafonds de 4, 6 et 8 mois, renouvellement compris. La durée des stages de fin d'études sera prise en compte pour le calcul de la durée de la période d'essai, sans que ces derniers puissent la réduire de plus de moitié.

- La rupture du CDI « conventionnelle » permettrait à l'employeur et l'employé de « convenir en commun des conditions de la fin du contrat de travail qui les lie ». L'accord définitif de rupture sera homologué par le directeur départemental du travail dont l'absence de réponse sous 15 jours vaudra validation. Le salarié pourra bénéficier d'une indemnité spécifique équivalente à un cinquième de mois par année d'ancienneté dans l'entreprise et accéder aux allocations-chômage. Est également prévue une rupture du contrat de travail pour inaptitude d' « origine non professionnelle » telle une longue maladie.

- Autres points prévus : La condition d'ancienneté est réduite de 3 à 1 ans pour bénéficier de l'indemnisation conventionnelle de la maladie. Le délai de carence est quant à lui ramené de 11 à 7 jours. Le salarié pourra garder sa couverture prévoyance-santé pendant une durée égale à un tiers de sa durée d'indemnisation du chômage (minimum de trois mois). Le salarié quittant son entreprise conservera 100% du solde des heures de formation, acquises au titre du Droit individuel à la formation (DIF). Une prime forfaitaire sera versée aux moins de 25 ans « involontairement privés d'emploi » et n'ayant pas accès aux allocations-chômage.

La confédération des cadres, la CFTC, FO ont décidé de signer le projet d'accord. La CFDT fera connaître sa position jeudi. La CGT a annoncé qu'elle ne le signerait pas.
Le gouvernement devrait reprendre, comme annoncé, l'accord signé sous forme de projet de loi.

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