mercredi 11 juin 2008

Mauvaise grippe pour l'industrie pharmaceutique

Mauvaise grippe pour l'industrie pharmaceutique

Difficile d’assainir les comptes de la Sécu tout en maintenant la croissance de l’industrie pharmaceutique. Et si le trou de la première s’amenuise, celui de la seconde pourrait bien s’agrandir. Cet effet de vase communicant vient d’être mis en évidence par une étude du cabinet Arthur D. Little réalisé pour le Leem, le syndicat qui réunit les principaux acteurs du secteur.

Cette enquête prospective propose deux scénarios distincts et tente une photographie de cette industrie à l’horizon 2015. Le premier établit que si d’ici là rien ne bouge, ni du côté des entreprises, ni des pouvoirs publics, la pharmacie va perdre 28% de ses effectifs, soit 22 000 emplois. Une seconde projection, plus volontariste, prend en compte les initiatives destinées à freiner la catastrophe. Certains emplois pourraient être préservés mais l’adition resterait salée avec 10 000 postes perdus.
Evidemment, les industriels français (l’Hexagone est le premier producteur de médicaments en Europe avec 220 usines) accusent majoritairement les pouvoirs publics de plomber leurs affaires. Il est vrai que le régime sec qui leur est imposé avec la montée en puissance des génériques dont la fabrication est souvent délocalisée, n’arrange pas leurs comptes. De même que l’obligation de réduire la pression commerciale des industriels sur les médecins risque de faire des ravages dans les rangs des visiteurs médicaux.

Mais selon l’étude, la Sécu n’est pas seule responsable du marasme à venir. Et elle pointe également le manque d’innovation. Les retards pris en matière de mise en production des médicaments d’avenir issus des biotechnologies pourraient eux aussi creuser le trou de l’industrie pharmaceutique française.

PARIS (AFP) Sanofi-Aventis

PARIS (AFP) - Le groupe pharmaceutique français Sanofi-Aventis a annoncé qu'il allait supprimer 700 à 800 postes de visiteurs médicaux en France, soit le tiers de sa force de vente dans le pays, selon un porte-parole du groupe, confirmant une information des Echos.
La direction "confirme l'existence d'un sureffectif en visite médicale estimé entre 700 et 800 postes", a déclaré une porte-parole du groupe à l'AFP. Cette annonce a été faite dans un communiqué envoyé à l'ensemble des collaborateurs de Sanofi-Aventis France, a-t-elle précisé.
Sanofi se met donc "en situation de pouvoir ouvrir la procédure nécessaire à la mise en place d'un éventuel PSE (plan social) à partir de septembre 2008", a encore ajouté la porte-parole.
Cette
annonce est supérieure aux suppressions de 400 à 600 postes évoquées par des sources syndicales le 14 mai dans le cadre d'un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), lequel "ne donne pas à ce jour les volumes et les résultats attendus", selon Sanofi.
Le groupe compte actuellement 2.230 visiteurs médicaux en France, parmi lesquels environ 150 postes sont déjà vacants.
(END) Dow Jones Newswires
June 09, 2008 04:13 ET (08:13 GMT)

samedi 23 février 2008

actualité

EN 1998 on comptait 17 500 visiteurs médicaux en France. D’pres le LEEM il y avait fin 2006 22 702 VM (prestataires inclus). (18 000 « laboratoires » et 4 000 prestataires de services. 1 VM pour 9 médecin.
. Les hommes représentaient 29% et les femmes 71%. La proportion de femmes dans la visite médicale est donc nettement supérieure.

Au départ, le salaire minimum s'élève à 1 762 euros brut .

L’avenir : en raison du développement des génériques et du contrôle des dépenses de santé, les visiteurs médicaux seront toutefois de moins en moins nombreux….
Les Entreprises du médicament prévoient ainsi une baisse de 10 à 15% des effectifs de visiteurs médicaux dans les deux ou trois ans à venir. Certains laboratoires ont déjà annoncé des réductions d'effectifs : Sanofi Aventis va supprimer 400 postes de visiteurs médicaux en raison notamment de la «générication» de certains médicaments. De son côté, Pfizer va se séparer d'un tiers de ses effectifs de VM, soit environ 300 personnes. Et les plus petits labos ne sont pas non plus épargnés.
La profession est aujourd'hui sinistrée Si l'on ajoute que le Comité économique des produits de santé (CEPS) veut réduire de 30% les visites sur les trois ans à venir dans différentes classes thérapeutiques (comme certains antibiotiques, statines, certains hypertenseurs, des antiallergiques, des antimigraineux et des médicaments pour le traitement des ulcères), on comprend aisément pourquoi la profession est aujourd'hui sinistrée.
Et pourtant, ce métier a subi de profondes mutations. Aujourd'hui, il n'est accessible qu'aux titulaires de certains diplômes notamment le titre homologué de visiteur médical, qui sanctionne une formation de 9 à 12 mois (6 mois d'enseignements théoriques) en institut de formation (3 ou 4 mois de stage hors formation interne à l'entreprise). Les diplômes requis sont le titre homologué de visiteur médical, le diplôme universitaire de visite médicale (DEUST ou DU) ou de sciences de la vie avec une formation complémentaire.
En 2006, les visiteurs médicaux de moins de 26 ans représentaient 2% des effectifs contre 27% pour les 26-35 ans, 43% pour les 36-45 ans et 28% pour les plus de 46 ans.

samedi 19 janvier 2008

Enquête d'UFC-Que choisir : les consommateurs contre les labos

Enquête d'UFC-Que choisir : les consommateurs contre les labos
16/01/2008
L’UFC-Que choisir dénonce la pression exercée par les visiteurs médicaux sur les médecins, laquelle se traduit par une "dérive des prescriptions", rapporte Le Parisien/Aujourd’hui (page 4). L’association de consommateurs a rendu publique hier une enquête sur la prescription des antiagrégants plaquettaires par les cardiologues pour la prévention ou les suites d’accidents cardio-vasculaires, indique Le Monde (page 27). Conclusion : "De 2002 à 2006, leurs prescriptions ont augmenté de 88%, sans raison. Ce dérapage est le fait d’un médicament, le Plavix®. Prescrit dans 80% des cas, il aurait pu être remplacé une fois sur deux par de l’aspirine, vingt-sept fois moins cher", estime Christophe Le Guehennec, chargé de mission santé à l’UFC-Que choisir dans Le Parisien/ Aujourd’hui.
En 2002, les prescriptions abusives de ce médicament ont représenté 89 millions d’euros ! Mieux encore, si sur la période 2002-2004, l’aspirine avait été substituée au Plavix®, quand cela était possible, "177 millions d’euros auraient pu être économisés", selon l’association de consommateurs.
Le surcroît de dépenses engendré par le Plavix® "vient s’ajouter aux 600 millions d’euros de gâchis constatés sur les prescriptions de ville de 2002 à 2006 (132 millions par an) dans le traitement des maladies telles que le reflux gastro-oesophagiens, l’arthrose et l’hypertension" (Le Monde). S’appuyant sur les récents rapports de la Cour des comptes et de l’Igas, l’UFC considère que "la prescription est trop largement influencée par l’industrie pharmaceutique". "Les labos consacrent 14% de leur chiffre d’affaires à la promotion de leurs médicaments, avec notamment 23 000 visiteurs médicaux, soit un pour neuf médecins", dénonce le président de l’association, Alain Bazot, dans Le Parisien/Aujourd’hui. C’est deux fois plus qu’au Royaume-Uni ou en Allemagne, et quatre fois plus qu’aux Pays-Bas, souligne Libération (page 17). Pour "désamorcer le feu des labos", cette association propose de réduire à 4% la part de leur chiffre d’affaires consacrée à la promotion des médicaments, qui représente actuellement environ 2 milliards d’euros par an, précise L’Humanité (page 8). Enfin, l’UFC préconise la création d’un corps de 1.700 visiteurs médicaux indépendants, placés sous l’égide de la Haute Autorité de santé (HAS). Leur mission : "Donner une information plus objective aux médecins, afin que ces derniers aient la possibilité de prescrire de façon rationnelle."
Les Entreprises du médicament (Leem) estiment que l’étude de l’UFC-Que Choisir a "un petit air de réchauffé". Son président, Christian Lajoux, se déclare néanmoins prêt à étudier la proposition de visiteurs médicaux indépendants.
CMUC : hausse des dépensesLes dépenses au titre de la couverture maladie universelle complémentaire (CMUC) ont augmenté de 8,5% en rythme annuel, à la fin novembre, pour atteindre 1,48 milliard d’euros sur douze mois, annoncent Les Echos (page 4). Cette "forte accélération" est surtout liée à l’accord conclu en 2006 entre les dentistes et l’assurance maladie sur la revalorisation de leurs honoraires pour les soins conservateurs (caries) et sur la hausse des forfaits sur les prothèses pour les bénéficiaires de la CMU. "Le choix d’une politique de revalorisation importante des tarifs des soins et des actes dentaires pour [ces] bénéficiaires avait pour objectif de réduire la problématique du refus de soins en lien avec des tarifs jugés trop faibles", rappelle Jean-François Chadelat, directeur du fonds CMU. Il estime que "la croissance des volumes peut laisser espérer que cet objectif progresse dans la bonne direction". Comme le notent Les Echos, les dépenses représentent désormais "373 euros par an et par bénéficiaire".
John Sutton

vendredi 18 janvier 2008

reforme du contrat de travail : ce qui va changer.

Réforme du contrat de travail : ce qui va changer
mardi 15 janvier 2008
Le projet d'accord sur la modernisation du marché du travail bouclé vendredi 11 janvier par les partenaires sociaux a été signé par trois syndicats. En voici les principaux points. Le texte prévoit l'instauration d'un nouveau contrat de travail, un CDD à objet défini, l'allongement de la période d'essai du CDI ainsi qu'un nouveau mode de rupture « à l'amiable ».

- Le CDD à terme incertain et pour réalisation d'un objet défini aura une durée comprise entre 18 et 36 mois. Il sera réservé aux ingénieurs et aux cadres pour des projets compris dans la même période et ne pourra pas être renouvelé.
Sa rupture pourrait entraîner le versement d'une indemnité de 10% de la rémunération perçue pendant le contrat.

- La période d'essai sera fixée au niveau interprofessionnel. Elle durera de 1 à 2 mois pour les ouvriers et employés, de 2 à 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens, et de 3 à 4 mois pour les cadres. Sauf accord de branche prévoyant une durée supérieure. La durée fixée pourra être reconduite une fois par des accords de branche, avec des plafonds de 4, 6 et 8 mois, renouvellement compris. La durée des stages de fin d'études sera prise en compte pour le calcul de la durée de la période d'essai, sans que ces derniers puissent la réduire de plus de moitié.

- La rupture du CDI « conventionnelle » permettrait à l'employeur et l'employé de « convenir en commun des conditions de la fin du contrat de travail qui les lie ». L'accord définitif de rupture sera homologué par le directeur départemental du travail dont l'absence de réponse sous 15 jours vaudra validation. Le salarié pourra bénéficier d'une indemnité spécifique équivalente à un cinquième de mois par année d'ancienneté dans l'entreprise et accéder aux allocations-chômage. Est également prévue une rupture du contrat de travail pour inaptitude d' « origine non professionnelle » telle une longue maladie.

- Autres points prévus : La condition d'ancienneté est réduite de 3 à 1 ans pour bénéficier de l'indemnisation conventionnelle de la maladie. Le délai de carence est quant à lui ramené de 11 à 7 jours. Le salarié pourra garder sa couverture prévoyance-santé pendant une durée égale à un tiers de sa durée d'indemnisation du chômage (minimum de trois mois). Le salarié quittant son entreprise conservera 100% du solde des heures de formation, acquises au titre du Droit individuel à la formation (DIF). Une prime forfaitaire sera versée aux moins de 25 ans « involontairement privés d'emploi » et n'ayant pas accès aux allocations-chômage.

La confédération des cadres, la CFTC, FO ont décidé de signer le projet d'accord. La CFDT fera connaître sa position jeudi. La CGT a annoncé qu'elle ne le signerait pas.
Le gouvernement devrait reprendre, comme annoncé, l'accord signé sous forme de projet de loi.

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